Garde-corps…
Chaque jour ressemble au précédent
Surtout l’été
Le soleil se lève sur ma peau
Elle a beau être noire, elle chauffe autant qu’une autre
Faut dire qu’on m’a placé plein sud
Ce qui n’arrange pas, croyez-moi
Quelques heures plus tard ils arrivent
Il sont agités
Pensez-donc, il fait super beau
La mer est magnifique comme à son habitude
– je suis très amoureux d’elle –
Ils viennent de se libérer des autocars climatisés
Ils ont besoin d’air frais, de parfums salés
Et d’horizons marins
Alors ils se jettent sur moi
En courant parfois, surtout les enfants
Qui se collent à moi, s’agrippent à moi
Tentent de me secouer, pétard je ne suis pas un prunier
Mais je suis robuste
Les adultes sont plus calmes je l’admets
C’est leur nombre plutôt qui m’effraie
Quand ils prennent ces photos en groupe contre moi
Je tremble souvent
Ils le sentent ou pas ?
J’ai beau être costaud
Solidement encré dans mon voisin le béton
Noyé dans cette falaise de craie
Il faut que je tienne bon
C’est mon rôle, mon job, comme vous dites
Du côté de l’humanité
Alors je sers les fers et je résiste
Vous avez beau rigoler
Mais vous protéger du vide
C’est vraiment un métier
*

© JPT
