L’or du ciel nous transperce de ses lames. Nous sommes étendus, côte à côte, sous l’azur d’un calque sans égal. Un instantané du bonheur nous gagne, c’est une victoire sur les jours de grisaille qui donne à penser qu’au-delà de la nécessité d’une parenthèse inactive, subsiste un mérite, une récompense pour tant de gestes de survie au quotidien. Tout est calme. Seul le clapotement de l’eau qui fait vague contre les bords de la piscine parfumée par le vent nous relie à la réalité de ces heures. La maison de soleil gavée, comme un navire à l’ancre, veille la côte et les oliviers du jardin. Pour peu, sous le feu du soleil, les murs de craie tangueraient. Cette année encore, les unes et les uns que nous sommes, se sont retrouvés pour mêler leurs souffles de notes muettes, pour distancer le chaos. En ces premiers instants de grâce, en ce jour d’arrivée, le verbe est superflu, les mots briseraient la transparence. Seule la musique de nos rêves flotte sur la colline étendue contre le bleu de la mer. Ce partage est confidentiel et il nous rappelle ce qui subsiste de mieux en nous : l’amour pour cette vie. Les vacances ont commencé.
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