
Et puis il y a le Bayou,
Louisiane…
Vu, l’homme à la barbe blanche
Aux dents ajoutées
aux rides octogénaires
une main nouée sur la barre de sa barque
l’autre embrassant son paradis
nous mener parmi l’eau qui dort
et le jade végétal.
Vu, l’aigle qu’on appelle ici pêcheur
sur son arbre d’eau
tout en haut
scruter de son bec le sec de son nid.
Vus, les pins, sur la rive sèche
alignés, sentinelles
le panache de leurs coiffes
pâlirait le teint d’un chevalier.
Vu, l’animal de crocs et d’écailles
faire tapis sur le tronc d’un arbre
gueule ouverte sur notre passage
entres prédateurs courtoisie est requise.
Vu, le volatile aux pattes longues
d’un mannequin de chez Dior
effrayé par nos visages sans plumes
s’éloigner de ses ailes cerf-volant
attendez-nous, ne partez pas,
errons ensemble…
Vu, le cyprès Mathusalem
aux pieds dans l’eau enracinés
sa prestance fascine
ses Majestés devraient s’en inspirer.
Vu, le ciel bleu-blanc-vert
l’astre au centre
fixer les limites
à l’angle aigu
de notre vue.
Vue, la libellule
sa robe est un lait d’émeraude
posée sur le bras délicat
c’est une pétale
tendre, si fragile
à la regarder
nous virons marteau
lourds comme.
Vues, tant de choses encore
et puis…
Vu, dans ses yeux,
derrière la vitrine Ray-Ban
posée sur son nez
et sur son sourire
le plaisir d’être là, maintenant,
car demain comme hier, ces yeux-là le savent, est un autre jour.
*
