Mois : janvier 2019

Mon rêve d’éternité

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, dont les yeux toujours bienveillants s’étalent sur les mots écrits de ce modeste blog.

Ces derniers mois, douze pour être précis, nous avons entendu grincer et chanter la femme et l’homme qui nous habitent et nous pouvons témoigner que l’Humanité poursuit son temps sans faiblir.

De ma fenêtre, parfois élargie en 16/9, parfois étriquée comme un timbre poste, j’ai vu tant de choses ; j’ai vu la Science déployer ses ailes sur Mars, y découvrir un vaste lac d’eau à l’état liquide, une eau pure que nous ne tarderons pas de gâcher après la colonisation, j’ai vu les ossements du lavocatisaurus agrioensis, un dinosaure de plus de douze mètres qui vivait en actuelle Argentine il y a plus 110 M. d’années, cela relativise l’échelle de nos souhaits pour l’année en cours, j’ai vu ces joueurs fortunés se disputer le ballon rond et faire hurler la plèbe, j’ai vu un prince s’unir à une comédienne, j’ai compris enfin qu’ils faisaient le même métier, j’ai vu Cuba redevenir Cuba, mais toujours pas celui des Cubains, j’ai vu encore des soldats et des enfants mourir par centaines, j’en ai vu de toutes les couleurs dans le ciel un soir de juillet, j’ai vu des Saoudiennes au volant, il est temps que là-bas aussi ces dames tracent leur route, j’ai vu un président outre-atlantique nous instruire que des murs sauveront son peuple, je crois qu’il parlait de son espèce, pas de son peuple, j’ai vu célébrer le cinquantenaire d’une colère sociale, une demi-siècle plus tard je constate que tout est à recommencer, l’histoire toujours se répète et toujours nous oublions qu’elle se répète, j’ai vu la Corée du Nord rêver debout de Jeux Olympiques, je me souviens que le nazisme aussi, j’ai vu tant d’artistes encore nous abandonner, j’ai vu le tapis de Cannes saigner une fois de plus sous le pas d’un monde que le mensonge nourrit, j’ai vu des soldats mourir dans la boue des tranchées pour la centième fois, j’ai vu un garage immense avec des automobiles belles comme un défilé de Monsieur Saint-Laurent, j’ai vu une grosse poubelle, dedans pourrissait l’écologie, comme vous j’ai vu tant de choses l’an passé…

Puis, je me suis vu, au premier jour de cette année nouvelle, fragile et vieillissant, en prise avec ce monde, lui-même en prise avec son histoire, enfin j’ai vu, comme vous, mes coudes battre des flancs pour garder ma place dans le trafic, et puis, et puis, j’ai vu les yeux de celle que j’aime et qui m’aide à vivre dans ce chaos et là, je me suis mis à rêver de verte prairie, d’eau cristalline, de soleil et d’azur transparent, je me suis mis à rêver d’éternité.

Et ce matin, alors que 2019 nous impose ses lumières, je me rappelle combien nous devons prendre soin les uns des autres.

Je vous souhaite toutes les satisfactions pour ces jours qui restent à organiser avant le 31 décembre prochain et, même si en parcours vous vous étaliez sur le sol, il suffit de regarder, d’écouter, d’entendre, pour voir que, pas si loin de vous, il y a quelqu’un pour vous aider à vous relever.

Je vous embrasse, et malgré nos différences, je m’efforce de vous aimer tous.

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© JPT
Illustration empruntée à la toile :
http://www.charentelibre.fr