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Aujourd’hui encore la pluie s’abat sur nous en cascade organisée. Constante et minutieuse, elle lave tout et nous grise.
Nous la contemplons qui modifie l’aspect des choses.
Derrière la fenêtre qui isole, les gouttes circulent sur la vitre comme une sueur de canicule sur le visage d’un besogneux.
Derrière ce faux effort, derrière ce voile, tout y est autrement dit : les flancs de la dune sont des cascades d’herbes folles, les brise-lames au bois rangé sont une légion en marche, même la mer au loin frémit dans son écume et donne de sa chair de poule.
Nous restons un temps, debout, les épaules voisines, les yeux au-dehors, impuissants et charmés par cette lumière de fin de bal.
Allez, on chauffe de l’eau, moins tempête, on y mettra ces épices de soleil, celles qui ont voyagé avec nous par les larges océans et on va rêver, toi et moi, de sable blanc et de fleurs parfumées.
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