En ce temps-la
Aux écuries de Troyes
Vivait un cheval
A la crinière dorée
En m’approchant de lui
J’avais remarqué
La patte prisonnière
Du bracelet de fer
Je m’étais avancé
J’avais senti dans son souffle
Les foins de l’hiver
J’avais tendu le bras
Ma main avait touché
Le plat de son front
Quand son œil de côté
M’avait regardé
Il m’avait semblé
Entendre
Le cheval murmurer
Avec précaution
J’avais enlevé le fer de son pied
Et sur son dos de destrier
Je m’étais hissé
Un rêve pour moi
Jamais je n’avais monté
Son cuir était rude
Sa chaleur était douce
Mes pieds avaient flatté
Les flancs de l’étalon
Il avait remué
Et s’en était allé
Avec moi pour bagage
Aujourd’hui encore
Copiant le centaure
Nous parcourons ce monde
D’hommes et de bêtes
*
