
On reparle pas mal de Koh-Lanta ces temps derniers.
Mais souvenez-vous… C’était il y a cinq ans… J’avais alors publié cet article :
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Vous avez entendu ça ?
Un mort à Koh-Lanta… Il paraît que ça fait partie des risques de ce jeu, que tout est mis en oeuvre pour que ça n’arrive pas. C’est vraiment la faute à pas de chance.
Alors moi je pense,
A Madeleine qui est morte pour notre droit à l’humanité,
A Marie et Albert qui sont morts d’avoir donné leur vie pour que les sciences nous gardent en vie,
A Zineb et à son frère Tayeb qui ce matin tomberont d’être morts en Syrie,
A Jeanne, morte brûlée alors qu’elle était vivante,
A Igor mort sous la glace du goulag,
A Chérima, morte de chagrin de voir son enfant mort de faim avant elle,
A Gavroche mort sur la barricade,
A Joachim demain, mort-né,
A Florence morte de ne pouvoir vivre, étendue sur le pavé du quai Martin,
A Frank, légionnaire, qui mourra par balles pour défendre une cause qu’on lui vend pour bonne,
A Chakif, mort éparpillé, rêvant à mille vierges,
A Shirley qui mourra par la corde offerte avec son prêt révolving,
A Irène morte d’avoir sauté dans le vide de sa vie sans emploi,
A Céline, morte de vivre du mauvais côté de la vitrine,
A Madicken,
A Honoka,
A Lalitkumura,
A Lauren,
A Jack,
A Jacomo,
A …
Et voilà maintenant que l’un des nôtres meurt pour un jeu, un jeu parmi d’autres, destiné à cette télévision-réalité française, immature, qui n’a de cesse d’opposer les hommes aux hommes, dans leur faiblesse, leur éducation, leur culture, leur niveau social, leur détresse, un jeu copié-collé de formats autant étrangers que destructeurs, vers un seul objectif : profiter.
Les gladiateurs de nos cirques antiques ne sont pas éloignés ; je sens encore l’odeur de leur sang versé pour nous distraire.
Qu’avons-nous appris de la barbarie ? Rien.
Que ce gladiateur-la repose en paix, il est quitte de gagner le terme de l’épreuve.
Et que le spectacle continue.
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