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The Bookshop

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1959. Dans le nord du Royaume uni, un village côtier s’est doucement remis des blessures d’une guerre qui a laissé nombre des siens sur le sol des violences. Florence Green est l’une de ces veuves qui vivent avec le souvenir de celui qui l’accompagnait et que la guerre lui a volé.

Amoureuse des mots écrits, elle vit dans la plus vieille maison du village. C’est là, dans cet endroit rongé par l’humidité et la moisissure que surgit en elle la volonté d’ouvrir une librairie.

Seule, courageuse, tenace, assistée d’une enfant à la maturité étonnante et d’un homme vieillissant reclus chez lui, elle va défendre et donner réalité à son projet, malgré les pressions de Mme Gamart, dame toute puissante par ses relations avec la bonne société londonienne et dont l’idée fixe est de transformer la vielle demeure de Florence en centre d’art, bien loin des préoccupations littéraires de cette dernière.

Le film de Isabel Coixet, gratifié de trois Goyas au dernier festival de Berlin, adapté du roman de Pénélope Fitzgerald (La Libraire, éditions de la Table Ronde) nous mêle à cette Angleterre des 60′ et au cosy de ses demeures rythmées par l’heure du thé.

Tout y est mesuré, autant le verbe que la posture des personnages prisonniers de leur condition et de leur rêves. Même la mer et le soleil se font discrets, l’une par l’argent de sa robe, l’autre par le pâle de son disque, accompagnés par l’omniprésence du vent qui donne à l’ensemble une âme d’automne favorable au propos.

Un joli moment de cinéma, parfaitement interprété (entre autres) par Emily Mortimer, Patricia Clarkson et Bill Nighy, un film sans cri, sans fureur, malgré la tension et l’amertume -celles des vaines batailles- auxquelles se mélangent les essences de bois, de cuir, de cire et d’Earl Grey ; on y croisera avec plaisir le souvenir de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (1953) et celui de Vladimir Nabokov pour Lolita (1955).

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© JPT
Illustration empruntée à la toile