Les premières heures

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« La guerre, quand elle est arrivée dans les maisons, les premières heures, faut être honnête, elle a charmé son monde comme un chiot dans son petit panier tricolore, mais elle a mal grandi, la bestiole ! On imaginait qu’elle nous ramènerait la victoire dans la gueule, en gardant le poil propre et le fusil en bandoulière ! On s’était gourés de clébard ! C’était une saleté de chien d’aveugle qui nous tirait dans la merde et nous bouffait les gosses… On aurait bien voulu s’en débarrasser, trop tard, c’était elle la patronne ! »

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JPT

Extrait de « Mattéo » (première époque 1914-1915)

Aux éditions Futuropolis (2008)

Texte et dessin © Jean-Pierre Gibrat

2 réflexions sur “Les premières heures

  1. Bonjour Jean-Pierre n’est-ce pas à cette période que les soldats partaient la fleur au fusil en pensant que c’était la dernière!!! ? quelle déception quelle boucherie! et cela ne sert pas de leçon, on continue à se faire la guerre, cela m’horripile et me désespère Bon après-midi Amitiés MTH

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    1. L’humanité n’est que vanité, conflit et destruction et l’amour perd chaque jour un peu plus de terrain. Trouver de la poésie dans ce bazar n’est pas chose facile. Pourtant, il faut rester debout et contempler les fleurs tous les printemps. 🙂

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