Dernières caresses

De sa fenêtre Jeanne contemple la ville, elle contemple la rivière d’argent qui musarde à ses pieds, elle regarde les cygnes, les pigeons bagarreurs, le ciel, les gens qui se meuvent sur les quais, les pierres assemblées en logis pour son quartier ; de son troisième étage, derrière la dentelle des rideaux, elle repasse sa vie qui court à perdre son haleine vers le mystère de sa fin, elle caresse l’animal qui repose dans ses bras, ce chat domestiqué par la chaleur et le confort, il est le blason de la solitude contrainte ou volontaire de celles et de ceux qui n’attendent plus personne malgré leurs rêves de partage mais qui ont atteint cette sérénité, ce consentement sage pour les heures anciennes, et le félin soyeux semble dire, les yeux mi-clos dans son ronronnant de quiétude, je suis là.

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© JPT

2 réflexions sur “Dernières caresses

  1. Bonjour Jean-Pierre un texte très beau qui sonne juste à mes oreilles de « vieille Dame » sauf que le chat (vieux aussi) préfère encore se coucher au soleil plutôt que de rester dans mes bras derrière la fenêtre. Bon après-midi bien amicalement MTH

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