J’ai su rêver

Il y a quelques heures encore je voisinais Dali, sa douce folie et son âme sur moi se sont endormies.

A Figueras puis Cadaquès, j’ai navigué sur des flots inouïs, embarqué sur le frêle esquif de mon regard pour un voyage insensé, non accessible à qui ne sait pas rêver.

Ici pourtant, le génie est généreux pour peu qu’on le regarde avec amour, il conte pour nous une histoire qui ne connaît pas sa fin ; c’est un déplacement dans l’espace et dans le temps qui nous aide à vivre ce monde carcéral et oligarque aux règles qui se figent, ilotes que nous sommes à présent des machines que nous avons créées.

En Dali se bouscule un océan d’invites qu’il faut accepter, danser, chanter et dispenser.

Au cours de mon voyage sur la planète de ce Maître de l’inconscient et du mysticisme, j’ai entendu sa voix aux syllabes paresseuses comme peinte sur une toile, déclamer à mon oreille alors que mille émotions s’associaient à mon regard :

« J’ai vu les choses que seules Dali dans son génie artistique voit, des images psychédéliques et saintes qui projettent l’esprit dans le cosmos et sa spatialité, dans ce monde de noir, de blanc et de couleurs, de pinceaux fait et défait, Dali est immortel et l’immortalité est sa demeure que nul n’approche car Dali seul est l’ange éclatant qui vit en l’homme et terrasse dieux et dragons. »

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© JPT

2 réflexions sur “J’ai su rêver

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