Le cheval de Troyes

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En ce temps-la

Aux écuries de Troyes

Vivait un cheval

A la crinière dorée

En m’approchant de lui

J’avais remarqué

La patte prisonnière

Du bracelet de fer

Je m’étais avancé

J’avais senti dans son souffle

Les foins de l’hiver

J’avais tendu le bras

Ma main avait touché

Le plat de son front

Quand son œil de côté

M’avait regardé

Il m’avait semblé

Entendre

Le cheval murmurer

Avec précaution

J’avais enlevé le fer de son pied

Et sur son dos de destrier

Je m’étais hissé

Un rêve pour moi

Jamais je n’avais monté

Son cuir était rude

Sa chaleur était douce

Mes pieds avaient flatté

Les flancs de l’étalon

Il avait remué

Et s’en était allé

Avec moi pour bagage

Aujourd’hui encore

Copiant le centaure

Nous parcourons ce monde

D’hommes et de bêtes

*

© JPT
Illustration : Henri Dimpré

4 réflexions sur “Le cheval de Troyes

    1. Merci Dan. Mais le chevalier n’est plus si vaillant et les belles à sauver ne sont plus légion depuis qu’elles ont été sacrées chevalier (chevalière ? Oups…) à leur tour. Alors les glaives restent dans leur fourreau. Amitiés de la vie rêvée.

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  1. Un fidèle destrier qui ne valait pas que par son cavalier, mais à eux deux, le monde parcouraient, fiers, arnachés de paix, pour que tous les hommes de bonne volonté, ainsi ralliés, soient en fraternité.
    Longue route à vous deux, rêveurs émérites, intrépides chevaucheurs de beaux mots, quêteurs sans fin. Que le monde vous soit connu.
    Révérence Jean-Pierre.

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    1. Courir le monde à deux nous fait oublier de le courir à plusieurs. Voilà ce qui nous ronge, cette soif d’exclusivité vers un amour dédié. Pauvres de nous au regard trop droit, aux gestes trop doux et trop définitifs. Mais comme dit mon père : « on en meurt ou on en reste fou ». Donc tout va bien. Révérence pareille, chevalier aux armoiries d’un bleu profond

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